Aurores Boréales : Où & Quand ?

par | 15 Mar 21 | Les Photos des Katradouz

La grande question sur les aurores boréales : où aller et quand y aller pour les voir ? Il existe de nombreux sites spécialisés qui vous expliqueront quels sont les meilleurs endroits, souvent parce qu’ils y ont des prestations à vendre, et des blogs d’amateurs qui en ont vu dans différents endroits. Dans la pratique, la réponse à « Où & quand ? » est simple. 

Dans quelle région aller ?

Dans une région qui se situe au nord du cercle arctique. A noter que l’aurore boréale est celle que l’on voit dans le nord, celle que l’on peut voir dans le sud, au sud du cercle antarctique, est une aurore australe. Pour les aurores boréales, donc, rien de plus facile : il y a de nombreuses régions accessibles très facilement : l’Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande, le Canada, par exemple.

Dans un endroit idéalement dégagé, de préférence au nord. Les aurores ne sont pas toujours plein nord : très souvent, elles viennent de l’est ou de l’ouest et traversent le ciel, parfois au zénith. Une fois, lors d’une activité réellement importante, nous en avons même vu une… plein sud, depuis le port de Maurnes (îles Vesterålen, Norvège) au dessus de Sortland. Mais nous en avons aussi vue une à travers les nuages en plein parc national de Reisa, et une plein ouest au dessus d’un lac. A noter que plus vous montez au nord, plus l’aurore a de chance d’être visible au zénith. 

Trait auroral tracé par une aurore orientée plein sud, au dessus de Sortland et vue depuis le port de Maurnes, Iles Vesteralen, Norvège.

Nos endroits préférés pour les voir : les îles Vesterålen & Lofoten, toute la côte norvégienne, les péninsules du nord de la Norvège, et les hauts plateaux du Finnmark. Si vous souhaitez retrouver les 43 aurores que nous avons vues géolocalisées avec précision, je vous invite à nous rejoindre sur Polarsteps.

Aurore au dessus des hauts plateaux du Finnmark, octobre 2020, sur la route de Meham, Norvège.

Quand partir à la chasse aux aurores boréales ?

La première de toute les conditions, c’est qu’il fasse nuit ! Or, au nord du cercle arctique, de mi-mai à fin aout, ce sont les nuits blanches : le soleil, qui ne passe pas derrière l’horizon, éclaire 24h/24. Il se produit bien entendu des aurores à cette période de l’année, mais elles sont invisibles. La période pendant laquelle les aurores sont visibles s’étend donc de fin aout à mi-avril. Néanmoins, la période de mi-septembre, quand il commence à faire vraiment plusieurs heures de nuit opaque ; jusqu’à fin mars, avant que les nuits ne s’éclaircissent, reste la meilleure.

Dans cette fenêtre temporelle, deux périodes sont intéressantes : de mi-septembre à fin octobre, et de début février à fin mars. Pourquoi ? Parce qu’en automne, il ne fait pas encore trop froid, et les pluies verglaçantes ne sont pas encore arrivées. A partir de mi-novembre, les régions les plus septentrionales de l’Europe commencent leur entrée dans l’hiver polaire, à partir de début décembre jusque mi-janvier, c’est la nuit polaire : le soleil ne passe plus au dessus de l’horizon. Il n’y a alors que deux heures environ d’un jour bleuté avant que la nature rebascule dans la nuit. A partir de mi-janvier, le soleil revient en journée, et c’est le passage dans l’hiver météorologique : la neige arrive ! Vous pourrez donc voir des aurores au dessus d’une nature dans un écrin blanc… Magique ! Par ailleurs, certains sites spécialisés expliquent que l’activité géomagnétique est plus importante au moment des equinoxes (mi-septembre, mi-mars), et généralement plus faible au moment des solstices (fin décembre, fin juin), ce que nous avons u observer par nous-même.

La nuit polaire ne vous donnera pas plus d’occasions de voir des aurores ! En effet, pour les voir, il faut que la région où l’on se trouve soit dans l’arc auroral. Or, les régions septentrionales de l’Europe ne sont dans l’arc auroral que de 20h à 4h du matin environ. Si l’aurore est très active, il peut être possible de les voir à partir de 18h, mais c’est rare. En général, la meilleure heure est entre 21h et minuit.

Aurore boréale au coucher du soleil
Phénomène rare et surprenant : il est 21h, le 25 septembre 2020, au dessus des Iles Lofoten, le soleil se couche accompagné d’une aurore boréale ! Les traits verts sont apparus, visibles alors qu le soleil n’était pas couché. C’est l’aurore la plus active et spectaculaire que nous avons ensuite pu observer.

Deuxième condition : la météo… Malheureusement, c’est un paramètre incontrôlable. La météo en Norvège change très vite, et il est impossible d’être sûr d’avoir la météo adéquate. Parfois, on aperçoit simplement des lueurs vertes derrière un nuage, et parfois, le ciel est limpide. C’est un coup de poker ! La météo est bien plus changeante sur la côte norvégienne que dans les terres, néanmoins. Si on part sur une courte période, il peut être intéressant de privilégier des destinations continentales, en Suède ou en Finlande.

Aurore boréale dans les nuages
Aurore boréale sur l’embarcadère de Langvassbukta, Iles Vesteralen, 15 setembre 2020, entre deux averses.
Aurore Boréale dans les nuages
Une aurore boréale vue au dessus d’Harstad, dans les iles Vesterålen, alors qu’un voile nuageux venait tout juste de nous cacher le ciel.

Troisième condition : la pollution lumineuse. Pour un œil peu exercé à les voir, une aurore peut être difficile à capter à l’œil nu pendant les nuits de pleine lune. Les éclairages publiques peuvent aussi empêcher de bien les discerner. Si l’on veut faire des photos ou des timelaspes, la lune peut être une alliée. Par contre, les lumière urbaines, à moins qu’elles ne soient loin, génèrent de la pollution lumineuse qui peut rendre l’observation difficile. En tout état de cause, mieux vaut ne pas avoir d’éclairage directement autour de soi pour les voir.

 

Comment repérer les aurores dans le ciel ?

Il faut savoir que les aurores boréales n’ont généralement pas la couleur verte intense que l’on obtient sur les photos. A moins d’être très intense – ce qui arrive – c’est plus souvent une masse gris-vert très pale, parfois légèrement jaune ou rosée. Les aurores rouges ne sont pas visibles à l’œil nu, et les aurores bleues sont rarissimes.
Si vous êtes daltonien, vous aurez aussi plus de difficultés à les discerner. Idéalement, apprendre à les repérer est plus facile quand la nuit est bien noire et le ciel bien dégagé. Si on a un doute, réaliser une pause longue avec un appareil photo en mode manuel permet de confirmer la couleur. Cette aurore au dessus du globe du Cap Nord, par exemple, était assez faible et c’était la pleine lune : les jeunes allemands qui campaient sur place ont eu énormément de difficultés à la voir.

Aurore boréale sur le Cap Nord
Aurore boréale sur le Cap Nord, 10 octobre 2020, avec la pleine lune sur la droite.

L’intensité des aurores n’est pas prévisible : leur apparition dépend de l’activité solaire, mais aussi des explosions solaires et des tâches solaires. Des aurores de faible activité se présenteront sous la forme d’une tâche diffuse, assez peu mouvante. A l’inverse, une forte activité se traduira par des aurores intenses qui bougent très vite.

Aurore boréale sur le Cap Nord
Aurore boréale sur les Iles Lofoten, 25 septembre 2020, spectaculaire d’intensité : c’est la plus forte que nous ayons vue.
Aurore boréale au dessus des Lofoten
Aurore boréale sur les Iles Lofoten, 25 septembre 2020, spectaculaire d’intensité, prise quelques minutes après la photo au dessus.

Un moyen d’anticiper l’apparition potentielle des aurores boréales consiste à utiliser les services de prédiction disponibles sur le net. Pendant toute la saison 2020-2021, nous avons conservé ouvert sur nos navigateurs la page du Space Weather Prediction Center, lequel indiquait l’activité à 30-60 minutes. Cet outil s’est révélé d’une justesse vraiment surprenante, je vous conseille donc fortement d’y recourir, d’autant que c’est intégralement gratuit. Ensuite, les aurores étant un phénomène lumineux mais totalement silencieux et qui ne dégage pas vraiment d’activité électrique sensible : seule l’observation du ciel vous permettra de les repérer. Il faudra donc sortir et lever la tête vers le ciel !

Aurore boréale au dessus des Lofoten

Pour retrouver toutes nos photos d’aurores et d’autres informations, rendez-vous sur
notre page spéciale aurores boréales !

L’équipement pour la chasse aux aurores

Je ne parlerais pas ici de l’équipement photo, puisque j’en parle dans cet article.
Par contre, il faut parler de l’équipement du « chasseur ». En effet, si le ciel est dégagé, dès la fin aout au nord du cercle arctique, les température chutent en dessous de 0°C dès que la nuit tombe. Si vous souhaitez sortir observer le ciel, et pouvoir rester dehors à admirer les aurores boréales danser, il vous faudra être bien équipé. D’autant que le froid à ces latitudes septentrionales n’est pas le froid que l’on connait en France : il est mordant mais insidieux, car sec. Lorsque vous commencez à avoir froid, c’est que vous commencez déjà à prendre des risques !

La première chose est de vous assurer que vos chaussures sont imperméables, chaudes et sèches. De l’humidité dans les chaussures peut provoquer des engelures extrêmement douloureuses et très longues à faire disparaitre, et pensez aux bonnes chaussettes en laine. Même chose pour les mains : d’épaisses moufles bien chaudes et bien sèches, éventuellement avec des chaufferettes à réchauffer dans l’eau chaude, permettent de garder les doigts bien au chaud. Portez un bonnet, idéalement dans une matière « windstoper », et protégez votre cou et votre visage. Un pantalon épais et des sous-vêtements techniques bien chauds ne sont généralement pas de trop. Enfin, une bonne veste multicouche coupe-vent est indispensable. Si vous partez en hiver, à partir de novembre, pensez qu’il vous faudra aussi investir dans des crampons à glace pour vos chaussures à défaut d’avoir des chaussures à pointes spécifiques : le verglas est omniprésent et parfois en couche de plusieurs centimètres !

Si vous n’avez pas de matériel adéquat, je vous conseille fortement d’en faire l’acquisition directement sur place : il sera ainsi réellement adapté, car l’équipement que vous trouverez en France n’est pas du tout adapté aux températures arctiques. Et je vous déconseille de prendre la météo à la légère, on ne plaisante pas avec le climat arctique !

Nous vous souhaitons bonne chasse, et n’hésitez pas à nous écrire via le formulaire ci-dessous si vous avez des questions ou des remarques !

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