Full Timers – notre vie alternative

par | 29 Nov 17 | Articles

Quand la norme vous tient en otage

Il y a quelques jours, je suis tombée sur l’appel à l’aide désespéré d’une jeune femme, étudiante, qui s’interrogeait sur le rythme auquel nous vivons. En plus de ses études et des inévitables cours, recherches, devoirs et partiels ; il faut gérer sa vie domestique, sa vie sociale, ses activités ; et parfois aussi une vie professionnelle. Sans oublier de dormir. A mi-chemin de ses études, elle avouait être sur le point de craquer.

J’avoue que personnellement je ne regrette absolument pas la période scolaire/étudiante. Et pourtant, combien de fois m’a-t’on dit, à l’époque, « Profites donc de ta liberté, ça ne va pas durer! ». En ce qui me concerne, je me suis toujours sentie prise au piège dans le milieu éducatif.

D’ailleurs, je me suis sentie prise au piège d’à peu près tous les jobs que j’ai pu décrocher, au point de ressentir un mal-être important au bout de quelques mois. Le poids de la société, qui vous impose ses normes, a vite été un fardeau difficile à supporter.

Tout est histoire de choix

Lorsque l’on évoque le fait de profiter de la vie, de jouir de l’instant présent, du calme ou du silence, de ne pas mettre tout son argent dans des biens matériels, lorsque l’on évoque la richesse culturelle, les échanges sociaux enrichissants ; l’on se heurte souvent dans le meilleur des cas à une incompréhension, et dans le pire, à du mépris. Beaucoup de gens considéreront que vous n’avez rien compris à la vie, ou bien vous diront qu’on ne peut pas vivre d’amour et d’eau fraîche. C’est vrai. Choisir de vivre autrement est précisément, un choix. Qui implique forcement des sacrifices, ou des compromis.

Le poids de la société

Dans notre société occidentale, nous vivons à un rythme effréné, totalement déconnectés de notre nature et notre personnalité, totalement inconscient que nous avons un chemin à suivre, un but à atteindre. Ou bien, nous nous fourvoyons quant au réel but de notre existence.

Nous vivons dans l’ère du Paraître. Il faut avoir, posséder, pour montrer que l’on a réussi. Avoir, toujours plus. Les réseaux sociaux démultiplient l’effet envie/jalousie : l’herbe paraît toujours plus verte ailleurs. Les médias entretiennent cette sensation de « besoin » : besoin du dernier gadget électronique, du produit cosmétique miracle, des fringues à la mode etc.

« The Planet does not need more ‘successful’ people. The planet desperatly needs more peacemakers, healers, restorers, storytellers and lovers of all kind. »

Vous devez vivre de la façon que la société estime respectable. Conventionnelle. Sortir du rang, c’est un signe que vous réfléchissez. Et ça, c’est quelque chose que la société n’accepte pas.

Gare à vous si vous ne respectez pas les codes. Dans le meilleurs des cas, vous susciterez l’incompréhension, mais l’on vous acceptera comme vous êtes. Et dans le pire des cas … vous serez rejetés, voire insultés. Mis au ban de la société. Un sujet de honte, de discussions enflammées, de ragots, rumeurs et autres critiques plus ou moins acerbes.

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être adapté à une société malade »
– Jiddu Krishnamurti –

L’effet de mode

Aujourd’hui, de plus en plus de gens aspirent à des choses qui ne les rendent pas heureux. Il adhèrent à des courants ou des mouvements, parce qu’ils ont l’impression que c’est ce qu’ils doivent faire, sombrent parfois dans l’extrémisme, deviennent aigris et agressent tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Faire ses choix et suivre son cœur

Comprenez-moi bien.
Je n’ai rien contre les différents courants de pensée actuels. Non, en fait, je pars du principe que chacun fait ce qu’il veut, aussi longtemps qu’on ne vient pas me prendre la tête avec des choses qui ne correspondent pas à mes convictions – ou pire, qu’une personne convaincue d’avoir raison, essaye de me convertir par la force à cette vision du monde.

Je ne suis pas féministe – je suis pour l’égalité des droits, quelque soit le genre lésé.
Je n’ai pas une brillante carrière – je fais un job qui me plaît, même s’ils est atrocement mal payé.
Je n’ai pas une grande maison – je vis dans un camping-car de 8m2.
Nous n’avons pas d’enfants – choix assumé.
Nous ne sommes pas à la mode – Nous avons juste ce qu’il nous faut de fringues.
Nous ne sommes pas végétariens, ni végans – Nous avons des chiens qui sont au Barf, nous ne savons pas nous passer de fromage, et nous mangeons de la viande même si nous avons considérablement limité notre consommation.

« Soyez vous-même. Tous les autres sont déjà pris. »


Nous ne sommes pas une Étiquette. Nous sommes nous-même, avec nos qualités et nos défauts, nos bizarreries, nos besoins et nos envies. Il n’y a pas de vérité universelle. Parfois, nous avons de grandes certitudes, et la vie se charge de nous rappeler que tout change et que parfois, on se fourvoie. Dans l’absolu, personne n’a raison et personne n’a tort – il est possible qu’a l’instant présent, ce que nous vivons est vrai et ce que vous vivez est vrai – et potentiellement, les deux mis ensemble sont la vérité.

Après tout, tout cela est notre conception du monde et n’engage que nous. Ce n’est que le fruit de nos cheminements et de nos réflexions, de nos expériences, parfois douloureuses. Et on milite bien tous pour la liberté d’opinion, d’expression, etc. ? Arrêtez-moi si je me trompe. Et chacun d’entre nous veut qu’on l’accepte comme il est et qu’on respecte ses opinions, même si elles divergent de celles des autres.

Ma vie 2.0 – ou le jour où j’ai compris que c’était à moi de décider.

C’est là que je considère que ma vie a changé. Le jour où j’ai compris que ce qu’on attendait de moi n’était pas ce que moi, j’attendais de la vie. Que non, je n’aurais pas un job d’assistante commerciale parce que c’était un job dont mes parents seraient fiers. Non, je n’aurais pas d’enfants juste pour que mes parents puissent se vanter de leurs petits-enfants. Non, je n’aurais pas une grosse maison, parce que ça donne l’image que l’on a réussi dans la vie. Je ne serais pas un trophée que l’on exhibe. 

Si je fais quelque chose, c’est parce que j’en ai vraiment envie. Peu importe ce que les autres en pensent ; j’ai décidé il y a plusieurs années déjà de cesser de me justifier et de vouloir plaire à tout prix. Suivez votre cœur. Lui sait ce qui est bon pour vous.

Ce n’est pas parce que l’on a choisi une vie alternative que l’on a tout laissé tomber. Nous avons toujours nos hobbies, nos passions, que l’on tente de faire vivre autant que possible. Nous n’avons jamais envisagé de tout sacrifier, car nous ne pourrions pas être heureux en sacrifiant tout. Pas pour l’instant, en tout cas. Nous n’avons pas des hobbies politiquement corrects, nous sommes passionnés d’automobile de moto, entre autres. Mais personne ne nous empêchera de vivre ce qui nous plaît. C’est notre vie, c’est à nous et à personne d’autre de décider ce que nous en ferons.

Et le travail dans tout ca?

Oui, parce qu’en effet, on ne peut pas vivre d’amour et d’eau fraîche. Conclusion, il faut bien travailler. Or, mon métier est l’un des plus ingrats qui soit: je suis traductrice. Et les traducteurs, on les paye si mal que parfois, on en arrive à des salaires de 2€ de l’heure. Non, il ne manque pas un zéro. Il vaut mieux aimer vivre simplement.

Il est tout à fait possible de mener une vie alternative sans argent. Si si. Certains deviennent freegans (comprenez, ils s’alimentent des produits donnés par les magasins d’alimentation, lorsqu’ils ne sont plus vendables), se déplacent en stop ou en vélo, ou travaillent contre gite et couvert (via Helpx, par exemple) ou encore  pratiquent le couch-surfing. Et finalement vivent de très peu, ou ont peu de besoins.

Mais le fait est, ça n’était pas l’idée que l’on faisait de notre vie 2.0.

Travailler pour vivre ou bien vivre pour travailler?

Finalement, c’est un peu là qu’on en arrive. Et c’est ce qui fait toute la différence. Parce que dans notre vie alternative, on a décidé de travailler pour vivre, et non pas l’inverse. Finalement j’ai la chance de pouvoir faire mon métier, que j’aime et pour lequel j’ai fait des études. Là encore, j’avoue, que je ne me serais pas engagée dans des études éreintantes, et je suis heureuse d’avoir même à l’époque pu profiter de la vie. Finalement, j’ai toujours , de manière inconsciente, eu cette philosophie de vie: pourquoi en faire toujours plus pour avoir plus – alors que finalement, tout ça, ça ne sert pas à grand chose?

Des vacances 365 jours par an?

Je crois que c’est l’une des réflexions qui reviennent le plus souvent.
“Quelle chance d’être toujours en vacances!”

Non, nous ne sommes pas en vacances perpétuelles. Vivre une vie nomade ne libère pas des contingences du quotidien, comme je l’avais déjà expliqué dans un article précedent. Voire même, cela nous rajoute des charges – parce que contrairement à une vie sédentaire, il y a plein de choses que l’on a pas à volonté/sous la main. Nous n’avons pas de cellier pour stocker des réserves de nourriture, pas de congélateur. Nous n’avons pas l’eau à volonté, ni les égouts. Nous n’avons pas non plus de lave-linge ou de sèche-linge, ni de lave-vaisselle. Nous n’avons pas de jardin clôturé où lâcher les chiens en faisant autre chose. Nous n’avons qu’une table et pas de bureau pour travailler.

Notre vie alternative – une vie 2.0 ou un retour aux sources?

Nous avons choisi de vivre dans notre camping-car. Pas de loyer, pas de taxes, pas de charges. Énergie renouvelable à 85%. Infiniment moins de pollution. Pas de crédits, pas d’attaches. Libres de vivre où nous le souhaitons.
Nos déplacements avec notre camping-car sont moins importants qu’a l’époque où je travaillais – et pourtant, nous avons déjà sillonné plus de 20 pays. Moins de gasoil brûlé, moins de frais d’entretien, un seul véhicule/domicile à assurer.

Je travaille pour mon propre compte. Non, je ne serais jamais riche, et je n’aurais pas non plus de retraite. Mais je préfère vivre libre maintenant, plutôt qu’attendre une hypothétique retraite en me morfondant dans un job que je déteste. Et il sera toujours temps de travailler plus tard, une fois que l’on aura profité de la vie!

Nous vivons de fait H24 7/7 dans 8m2 à deux avec nos deux chiens. Certains diraient qu’il est très difficile de vivre comme ça, voire impossible (combien de fois ai-je lu qu’il valait mieux se débarrasser du chien avant de commencer une nouvelle vie nomade…). Nous, on est malheureux quand on est séparés, et si parfois ca complique les choses, il est exclu que je vive sans mes chiens. A quoi ça sert de vivre à deux si on ne fait que se croiser entre deux portes, d’avoir des animaux si on a pas le temps de s’en occuper? Je peux profiter de mes chiens toute la journée, aller jouer sur la plage ou me balader en montagne, ils sont mon ombre, ils ne sont jamais seuls. Leur jardin est sans cesse renouvelé. Une dure vie de chien! Parfois, vivre à deux dans un petit espace est source de tensions. Il est certain que cela demande une certaine flexibilité! Impossible d’aller s’enfermer dans sa chambre en claquant les portes (a moins d’avoir un grand véhicule!). Mais c’est aussi source de partage et de fous-rires. Le meilleure moyen de connaître celui ou celle avec qui on a choisi de partager sa vie. Il y a des fois où c’est compliqué car je suis très introvertie, là où Monsieur est plutôt du genre extraverti. On n’y peut rien, alors, on fait des compromis. Tout est affaire de compromis, en fait !

En changeant de vie, nous nous sommes considérablement allégés. Nous avons donné ou vendu tout ce qui n’était pas soit directement utilisable, ou qui n’avait pas de valeur sentimentale, ou qui ne correspondait pas à nos hobbies. Et la magie a opéré : en allégeant le matériel, nous avons allégé le mental!

En conclusion…

Nous avons fait le choix de nous réapproprier nos vies. Lorsque je travaillais, mon seul salaire partait en fumée à payer loyers, impôts, taxes et charges. Nous avons décidé qu’il était temps de vivre autrement. Alors, non, ce ne sont pas des vacances 365 jours par an. Mais au moins, nous faisons en sorte de faire ce qui nous plaît, et pas ce que d’autres/la société veulent que nous fassions.

J’avais lu une fois un article qui m’avait marqué, à propos de la façon dont notre monde est construit. On travaille pour acheter une maison, une voiture, entretenir son couple et ses enfants. Mais on travaille tellement que finalement la maison devient une contrainte budgétaire et physique, on n’y vit pas vraiment. On confie ses enfants à une nourrice, une garderie, l’école, des camps de vacances, des activités extra-scolaires. On tombe épuisé le soir sans pouvoir profiter de son conjoint. Et comme on a de plus en plus de contraintes budgétaires – de nouveaux vêtements pour aller travailler, le coiffeur, le maquillage ; l’entretien de la voiture, les repas pris hors domicile par exemple – on travaille encore plus pour pouvoir faire face. Monde de consommation et d’apparences, bonjour! Très vite on se retrouve piégés, empêtré dans un monde qui va trop vite, et on voit défiler sa vie plus qu’on ne la vit.

Quand on y réfléchit, la vie « normale » dans nos sociétés est une absurdité. Les gens travaillent et sacrifient leurs vies pour avoir toujours plus de biens dont ils n’ont pas le temps de profiter.

Et vous ? Avez-vous vraiment la vie que vous vouliez ? Si ce n’est pas le cas, alors peut-être est-il temps d’y remédier. Tout est possible, il suffit de le vouloir et d’y croire.

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