Les mésaventures du voyageur #1

par | 12 Sep 17 | Articles

Les mésaventures du voyageur – ou quand les choses ne se passent pas toujours comme prévu …

#1 – L’ensablage au Danemark

Vous êtes au Danemark, et vous décidez d’aller rouler sur cette route connue qui relie deux petites stations balnéaires par la plage. Il fait beau, c’est fun! Il y a du monde, les voitures arrivent, stationnent, puis repartent. De jolies cabines de plage, en bois blanc, émaillent la dune dans un bel alignement. La lumière devient dorée.
Vous voyez le tableau ? Pas mal, hein ? Mais soudain, le sable s’épaissit, et des ornières apparaissent. On passe où ? en haut, ou en bas ? en haut c’est la dune, potentiellement le sable est plus épais. En bas, le sable sera plus dur, mais c’est la mer … Et après la mésaventure de ce touriste Allemand, en avril, dont le van s’est soudain pris au piège de la mer du nord et qui a du mettre la main au porte-monnaie pour qu’un “sympathique” Allemand (qui fait un business pas très clair sur la plage …) le sorte de là, on n’a pas très envie de passer trop près de la mer.

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Alors, on décide de passer en haut. Ca avance, puis … d’un coup, arrêt net! Oups! le sable est trop épais! Finalement, à voir le ballet des voitures près de la mer, on se dit qu’on a fait le mauvais choix … On est enfoncé jusqu’à mi-roue. Ca va être compliqué de sortir de là.
Arrive un Allemand bien sympathique qui nous propose d’essayer de nous sortir avec son Touareg V8. 310cv, ca devrait le faire. Tout le monde s’y met pour désensabler les roues. Quelques minutes plus tard, finalement, non, ca ne le fait pas … on a avancé de quelques centimètres, pour mieux se re-enfoncer plus loin. On tentera diverses choses : mettre les tapis de sol sous les roues, dégonfler les pneus. Tirer, pousser. Rien n’y fait. Arrive un Danois dans un gros 4×4 avec treuil. Ah! Notre sauveur. On y a cru. Jusqu’à ce qu’il nous réclame 70€ “parce qu’un treuil, ca coûte cher”. Ok. On va peut être appeler l’assistance, alors … Puis arrive un 2e Allemand. Il sort les pelles, les plaques de desensablage de sa voiture, et vient immédiatement mettre la main à la pâte. Puis un 2e Danois s’arrête, et propose d’aller chercher son tracteur. Moyennant, cette fois, 120€ “parce qu’il est à 10 minutes”! M’enfin! C’est quoi cette manie de profiter des gens pour se faire des sous?
Finalement, 2h plus tard, après avoir tiré, poussé, creusé, coincé la plaque dans le châssis du camping-car, tordu puis redressé la-dite plaque,cassé le silent-bloc d’échappement qui a du coup été remplacé par des rilsans, cramé un tapis, avoir sué sang et eau, offert une bière et du Toblerone: nous voilà sortis d’affaire et de nouveau sur du sable tassé.

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On retiendra donc l’extrême gentillesse de ces deux couples d’Allemands qui nous ont aidé et ont persisté, sans faillir, pendant plus de 2 heures, n’hésitant pas a se coucher dans le sable, a chercher des solutions, à pousser, à creuser, et ca, toujours avec le sourire et dans les plaisanteries. Même les enfants du premier couple n’ont pas hésité a aider, en creusant et poussant, sans jamais se plaindre. Les Allemands sont formidables!

Et puis, parce qu’une seule fois, c’est pas fun: on l’a refaite! Sur la plage de Lakolk, celle-là même ou ce pauvre Allemand avait failli terminer noyé (cf. paragraphe ci-dessus, si vous n’avez pas suivi!), en voulant faire demi-tour au bout, brouf! Plantés! De peu, cette fois, mais impossible d’avancer autrement qu’en creusant légèrement. Et qui voit-on arriver? ce “sympathique” Allemand qui moyennant finance, se propose de nous sortir de là … Il aura été envoyé se faire voir ailleurs manu-militari, tant pis, on va creuser, au pire, y’a l’assistance … et bien sur c’était sans compter 2 couples de gentils Allemands cette fois et une dame qui se promenait sur la plage, qui a force de s’échiner à pousser, nous ont finalement permis de sortir de là. Et toc, au nez et à la barbe de l’escroc, qui a tenté de dissuader ses compatriotes de nous aider, croyant qu’on ne comprenait rien à ce qu’il racontait. On ne nous la fait pas!

#2 – Le point de non-retour

Pour expérimenter cette mésaventure, vous devrez être joueur. Genre, vous savez parfaitement que si vous allez plus loin, vous ne pourrez pas faire demi-tour … C’était en Espagne, quelque part dans l’extrême sud-est du pays. Nous cherchions à atteindre les mines d’or de Rodalquillar, un point bien précis, qui avait servi de lieu de tournage pour Indiana Jones et la Dernière Croisade. Le problème, c’est que notre GPS est joueur aussi. Du coup, il nous a emmené sur des pistes improbables. On s’est dit, ca passe. Et a un moment donné, c’est passé, on a continué. Le problème, c’est que 5 kms plus loin, la piste s’est transformée en champs de bataille avec des ornières-que-tu-sais-que-si-tu-mets-les-roues-dedans-t’es-game-over. genre, 30 ou 40cms, avec des grosses caillasses. Puis tu rajoutes la nuit qui tombe, histoire de faire bonne mesure. Tu es au milieu de nulle part, ca fait très “I’m a poor lonesome cowboy” avec le soleil qui se couche. Et là, il faut que ca passe parce que 1) tu ne peux pas remonter la piste que tu as descendu 2) tous les bâtiments autour sont en ruine, les aloe vera sont énormes et manifestement ne voient pas beaucoup de passage. Conclusion, si ca ne passe pas, on est pas prêts de sortir de là. Finalement, c’est passé. Mais c’était tendu … et on a atterrit sur les chemins d’une énorme exploitation maraîchère, c’était sur-réaliste! Et tout ca pour finalement se rendre compte que la piste pour aller a ce fameux point est en fait murée!

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#3 – La montee impossible

EPISODE 1
On aurait jamais cru qu’en novembre, il gelait si fort en Angleterre… Et pourtant. C’est plein d’optimisme que nous avons attaqué les routes, parfois à 25%, du Lake District: magnifiques, sauvages et … TRÈS pentues. Ce qui n’aurait pas été un problème, si les routes n’avaient pas été couverte d’une couche d’un centimètre de verglas. Mais du vrai verglas, pas du vague givre qui fond quand on roule dessus, non. Du verglas tellement bien verglacé que même toi tu tiens pas debout dessus. La patinoire quoi. Le problème, c’est que quand tu ne peux plus monter, t’as plus qu’a faire demi-tour. Sur le verglas, en montagne, oui oui!! Et redescendre … quand t’as pas de freins parce que de toute façon le poids t’emporte sur le verglas… T’as plus qu’a débrayer si ca tourne, pour justement pouvoir tourner, méthode de pilotage glace très utile dans ces cas là ( si véhicule traction, donc roues avant motrices ) et utiliser au maximum le frein moteur en première dans les descentes. Y’a un avantage: t’as tellement chaud tellement t’as sué de stress, que tu fais des économies de chauffage.

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EPISODE 2
Ah, l’Espagne. On a vraiment aimé ce pays, non, vraiment. Tellement qu’on a décidé d’y laisser nos traces: nos pneus dans les Picos et nos supports moteurs à Bilbao (voir episode 3)!
Parfois, on s’engage dans des chemins, et on imagine pas du tout que ca va être un problème. Pourtant, on a du flair maintenant et en général, notre instinct nous arrête. Faut croire que parfois, l’excès d’optimisme empêche l’instinct de tirer la sonnette d’alarme!
Ce chemin qui nous amenait là où nos amis, partis en randonnée vers le Naranjo de Bulnès, étaient stationnés, n’avait pas l’air bien méchant. On a changé d’avis quand 2h plus tard on a voulu remonté … le chemin était en fait constitué de rochers sous-jacents, et la pente finalement plus importante qu’on ne le pensait, a fait basculer le poids du camping-car (trop) chargé vers l’arrière, nous faisant perdre au passage toute la motricité. Impossible de monter! Là où nos amis avec leur petit camion aménagé étaient facilement passés, nous étions coincés. Finalement le salut est venu de deux grimpeurs Espagnols qui ont eu la gentillesse de nous remonter avec leur petit 4×4. Malheureusement, nos pneus, trop tendres, sont décédés sur ce chemin … Problème résolu en quelques heures grâce à l’efficacité d’un garage Euromaster 30 kms plus loin, pneus remplacés par des Michelin qui continueront leur vie à l’arrière une fois des pneus corrects remis à l’avant. (Merci Let’s pour la photo :p )

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EPISODE 3
Ah mais qu’il était joli ce petit spot sur la plage à coté de Bilbao! Une belle plage, pas trop de déchets pour une fois, du sable fin, garés face à la mer… Vous vous y voyez déjà, j’en suis sure. Nous, on a failli y élire domicile! Après une nuit agitée car beaucoup de passage – et l’Espagnol n’est pas très discret par nature… – on s’est aperçu que la pente, en virage et constituée de plaques de béton crénelées, était trop importante pour remonter en marche avant. Là encore, le poids sur l’arrière du véhicule nous faisait perdre toute la motricité! On arrivera finalement à remonter… en marche arrière. Malheureusement, les supports moteurs n’ont pas du tout apprécié cette marche arrière brutale (défaut de conception du véhicule?) et nous nous sommes retrouvés avec un véhicule presque immobilisé, car impossible d’avancer tant le moteur bougeait (pour faire simple, le couple qui fait bouger les roues, si le moteur est mal fixé, fait bouger le moteur au lieu des roues …). Nous avons finalement pu trouver les-dit supports moteurs (non disponibles dans le magasin où nous nous étions arrêté, qu’a cela ne tienne, ils ont été les chercher en scooter dans un autre, un samedi a 12:30, chapeau le service Espagnol!) et trouver ensuite un garage qui nous les a changés dès notre arrivée: encore un super service. Et c’était reparti!

#4 – La panne sèche

Vous avez deux moyens d’expérimenter cette mésaventure (et si vous êtes malin, vous ne vous faites pas avoir une 3e fois : vous avez un jerrycan!)
1) Vous êtes trop charitable.
Vous repérez un motard en difficulté sur le bord de la route. Parce que vous êtes motard aussi, vous décidez de faire demi-tour pour aller lui porter assistance. Vous êtes en réserve, mais vous vous dites qu’il va bien y avoir une station pour remettre du carburant après. Le-dit motard, finalement, a déjà trouvé de l’aide, vous repartez donc à la recherche d’une station. Et vous vous retrouvez sur une petite route de montagne. Pas de station en vue. En haut de la cote, vous repérez une petit ville en bas dans la vallée. Chic, il va y avoir une station. Et là, le moteur broute. Puis s’arrête. Panne sèche!!! Comme ca descend, vous vous dites, ok, on va aller jusqu’en bas, et on avisera là. Sauf que descendre moteur coupé, vous le faites donc sans assistance. Et arrêter 3.5T sans assistance, ce n’est pas du gâteau, surtout sur une route de montagne pleine de virages!  Vous descendez donc en grande partie au frein à main, avec une vitesse enclenchée pour profiter de l’inertie du moteur si les freins classiques ne suffisent pas, neiman débloqué mais contact non mis (à éviter sur une essence). Mais si vous avez de la chance, comme nous, vous pourrez rentrer directement (à l’envers) dans la station service qui se trouve fort opportunément juste en bas de la côte! La tête de la propriétaire de la station nous a bien fait rire quand on lui expliqué pourquoi on était rentrés par la sortie dans la station!
2) Vous n’avez pas trouvé de station.
Bizarrement, c’est bien en France que nous avons pu faire cette expérience un tantinet stressante. Il fait nuit, bien sur, vous roulez par un froid carabiné dans l’Aubrac, il pleut ou il neige, c’est selon. La réserve s’allume. Et là … stupeur : la prochaine station est à 80kms! La réserve permet de rouler environ 50kms … Finalement, grâce aux raccourcis du GPS et après être passé sur l’élan dans un bourbier de flaques dans un chemin agricole pour éviter un détour, nous sommes arrivés à la station … en broutant. Ouf!

 

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