L'important n'est pas la destination mais le voyage.

Se rendre en Irlande depuis la France

Deux choix s’offrent à vous :

– traverser directement depuis Roscoff vers Cork, ou,
– traverser vers le Royaume-Uni, puis vers l’Irlande.

Dans le premier cas, comptez 18h de bateau environ. Il vous faudra une cabine, et si vous emmenez votre animal de compagnie, il devra rester au chenil du bateau.
Dans le deuxième cas, selon les lignes choisies, compter 30 minutes par l’eurotunnel ou 1h30 par le ferry entre la France et l’Angleterre, puis 2h à 3h selon la ligne entre le Pays de Galles ou l’Ecosse et l’île d’Irlande.

Nous avons opté pour deux lignes de ferries opérées par P&O. Calais-Douvres, 1h30 ; puis ensuite Cairnyam-Larne (Ecosse-Irlande du Nord), 2h. ce sont les deux options les moins chères, surtout si vous traversez en pleine nuit. Prenez vos billets quand vous êtes sûrs de la date et de l’heure où vous pourrez être au port, et choisissez un billet « saver ».
Si vous emmenez votre animal de compagnie, il devra rester dans le véhicule pendant la traversée. Pensez à bien effectuer toutes les démarches sanitaires indispensables en amont. Notez que si vous passez par la Grande Bretagne (Angleterre, Pays de Galles, Ecosse), le vermifuge etc. n’est exigé que pour entrer en Grande Bretagne, vous n’aurez pas a recommencer pour aller en Irlande. Le vaccin contre la rage à validité trisannuelle est valable pour le Royaume-Uni et l’Irlande.

Les « frontières » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande

Il n’existe pas de frontière. La majorité du temps, elles ne sont pas matérialisées, et seule la signalisation routière ou les plaques des véhicules vous indiqueront que vous avez changé de pays. Attention, de fait : les limitations de vitesses ne sont pas les mêmes, et les distances/vitesses sont indiquées en métrique (km, km/h etc.) en République d’Irlande, contrairement à l’Irlande du Nord qui utilise le système impérial (yards, miles etc.)

Le coût de la vie en Irlande

Attention, l’Irlande n’est pas (plus) du tout le pays pauvre des années 1990. Le « Tigre Celtique », comme il est parfois surnommé, est un pays riche, dont l’économie a explosé fin 1990/début 2000, et dont le PIB par habitant est le 2e plus élevé d’Europe, immédiatement après le Luxembourg. En conséquence, tout coûte cher ! La carburant est approximativement au même niveau qu’en France (en juin 2018), mais l’alimentaire est au niveau du Royaume-Uni, voire, un peu plus cher.

Faire ses courses en Irlande

Vous trouverez des « superstores » dans toutes les grandes villes, par exemple, des Tesco. Attention aux prix ! Vous pourrez aussi trouver des enseignes « discount » comme Lidl et Aldi, un peu plus abordables en terme de tarif. Vous trouverez aussi souvent, notamment dans le grand ouest, des superettes type Spar, Centra, SuperValue ou épiceries locales, qui se situent souvent avec les stations services. A moins que vous n’ayez vraiment besoin de quelque chose, ces dernières sont à éviter : vous y laisserez votre chemise !
Attention au suremballage, les produits sont souvent emballés dans deux voire trois emballages successifs, et compte tenu de la difficulté à trouver des poubelles…
Pensez aussi à bien comparer les prix !

Trouver de l’eau en Irlande

Voilà qui commence à corser la donne. Si vous ne souhaitez pas payer un camping à chaque fois que vous avez besoin d’eau (entre 20 et 30€ par nuit, et les services sont souvent en supplément !), vous vous rendrez vite compte qu’il n’existe absolument aucune infrastructure ou vous pourrez trouver de l’eau et faire vos vidanges. Il vous faudra tirer parti de toutes les sources d’eau disponibles : robinets de plages, toilettes publiques, sources, station services, etc. Trouver de l’eau potable hors bouteilles/campings est quasiment impossible. Ce qui complique encore plus la donne, à cause du système de gestion des déchets du pays.

La gestion des poubelles

Si en Irlande du Nord, vous n’aurez aucun soucis, chaque parking et chaque aire de repos ayant ses poubelles, c’est un problème auquel on ne s’attend pas en République d’Irlande, mais qui présente vite de très gros désagréments. En effet, en République d’Irlande, les déchets sont gérés par des sociétés privées. Chaque foyer et chaque entreprise adhère donc à un programme de son choix, et ses ordures sont ramassées, puis facturées au poids, afin d’inciter les habitants à produire moins de déchets. Le problème reste qu’au niveau des supermarchés/épiceries, rien n’est fait pour limiter la quantité d’emballage, et que parfois les produits sont emballés dans 2 ou 3 emballages successifs ! Vous ne trouverez aucune poubelle publique. Nulle part. Si vous trouvez une, elle sera minuscule, et vous ne pourrez pas y mettre un sac poubelle. Vous verrez fleurir les pancartes vous demandant de remmener vos déchets chez vous… Et c’est un vrai problème pour nous autres voyageurs qui sommes présents dans le pays plusieurs semaines, parce qu’il est compliqué de stocker deux mois de déchets dans un camping-car ! Il n’y a pas non plus de bennes de recyclage, à part pour les vêtements, le verre et les canettes en aluminium. Sachant qu’en plus il est quasi impossible de trouver de l’eau potable, vous devrez acheter des bouteilles d’eau, et donc augmenter votre quantité de déchets. Bref ! Si vous trouvez une poubelle publique, profitez-en ! Il y a souvent de petites poubelles publiques dans les lieux touristiques, parfois sur les parkings des plages.

L’accueil à l’Irlandaise

L’irlandais est sociable. Très. Tout le monde vous adressera la parole, pour vous parler de la pluie et du beau temps, vous demander comment vous allez, où vous allez, d’où vous venez. Ils sont curieux, aimables, adorent discuter. Vous aurez des bonjours, des sourires, des signes de la main – de la part des enfants comme des adultes, des gens dans leur jardin et des autres conducteurs. Bref, vous avez très peu de risque d’être mal accueilli ! Ils auraient au contraire une tendance à être curieux.
De la même manière, ils n’ont aucune animosité à l’égard des camping-cars. Parfois, vous vous dites que les riverains doivent en avoir marre – et la seconde d’après, passe une personne qui vous fait un grand sourire et un grand signe. Il y a très peu de panneaux d’interdictions ailleurs que sur la cote sud de la République d’Irlande.

Circuler en Irlande

Selon le gabarit de votre véhicule, vous pouvez vite être surpris. En effet, il y a un tourisme « mobile » assez important en Irlande, sauf que les routes ne sont pas du tout adaptées aux gros véhicules. La majorité des routes sont non seulement monovoies (et les passing place sont nettement moins fréquentes qu’en Ecosse, jamais signalées, le plus souvent celles-ci étant le recoin devant l’entrée d’une maison…) mais aussi à visibilité très limité voire inexistante, car il y a des murets, voire des murs et une végétation galopante. Si vous craignez de rayer votre carrosserie, ne venez pas en Irlande ! Faites bien attention aux routes sur lesquelles vous vous engagez, car bien souvent, le demi-tour sera exclu.

Les Irlandais sont globalement respectueux, aimables et polis au volant. Mais il y a aussi de nombreuses voitures de location, et vous pouvez vous faire surprendre par quelqu’un qui n’a pas encore intégré les us et coutumes locales en matière de circulation. Il n’y a que dans le comté de Cork que nous avons rencontré quelques illuminés locaux qui roulaient en dépit du bon sens !

L’usage veut que l’on facilite le passage en se serrant ou en se rangeant dès que c’est possible. L’anticipation est souveraine ! Vous verrez que même les cyclistes et les piétons vous faciliteront le passage, faites de même !

Par contre, faites attention aux piétons. En effet, les passages piétons ne sont jamais matérialisés au sol, il vous faudra donc être vigilant. De même, ne les serrez pas lorsque vous manœuvrez ou que vous les dépassez, ils ont une « distance de sécurité » assez importante et ne comprennent pas si vous vous rapprochez trop près d’eux.
De la même manière, en particulier dans les zones plus « rurales » de l’ouest, faites attention aux chiens ! Beaucoup de chiens sont laissés libres à l’extérieur des maisons et les portails ne sont pas fermés. Vous y verrez beaucoup de chiens de berger, qui pour une raison ou une autre, peuvent d’un coup se jeter sur vos roues. Prudence, donc.

Bivouaquer en Irlande

Vous ne rencontrerez pas de vraie difficulté pour bivouaquer, en effet, il y a très peu d’interdictions, et globalement, vous trouverez des interdictions de camper (« No Camping »), à dissocier de l’interdiction de passer la nuit (« no overnight »). Dans le premier cas, il est toléré d’y passer une nuit, dans le deuxième… il vous faudra aller ailleurs ! Mais il n’y a pas beaucoup de parkings spécifiquement « no overnight ».
Par contre, vous pourrez éventuellement trouver pénibles les barrières de hauteur. Très répandues dans les villes et sur la côte sud, plus touristique, cela vous interdira globalement l’accès à la majorité des plages et à quelques sites touristiques. Heureusement, il n’y en a pas vraiment dans l’ouest et le nord.
Vous trouverez aussi quelques parkings privés payants. Ils sont facilement évitables.

Si vous vous garez aux abords des plages ou à proximité d’une ville, vous risquez de devoir faire face à l’un des fléaux Irlandais : l’alcoolisme. Malheureusement, ce problème semble toucher une large proportion de la population masculine, que ce soit dans le Nord ou dans le Sud. Et malheureusement, ils n’ont pas l’alcool discret, voire, ils peuvent même avoir l’alcool un tantinet agressif. Nous avons du subir des jeunes alcoolisés sur un parking de plage, musique à fond, hurlant de plus en plus fort à mesure qu’ils buvaient canette sur canette. Lorsque nous avons craqué à 2h du matin et sommes partis, nous nous sommes fait invectivés et jeter des canettes sur les véhicule. Si vous sentez que ca dégénère, partez !

L’autre « fléau » pour nous : la saleté ambiante. A cause, probablement, de leur politique de gestion des déchets et des coûts associés (à moins que ce soit juste un problème d’éducation), les Irlandais ne montrent aucune honte à parsemer de déchets le moindre endroit. Les bas cotés sont recouverts de bouteilles en plastiques, canettes, emballages divers ; des sacs plastiques se délitent dans les barbelés, les mégots et les crottes de chiens jonchent les parkings des plages, en compagnie des sachets de chips et autres emballages de sandwiches. Et comme il n’y a de poubelles nulle part, impossible de ramasser ce que l’on trouve, car il serait impossible de s’en débarrasser. Les mouettes sont également un vrai fléau, car elles n’hésitent pas à vider les poubelles et à éventrer les sacs à la recherche de nourriture ! N’espérez pas manger dehors sur les parkings de bord de mer, vous pourriez vite vous retrouver avec 15 ou 20 mouettes agressives autour de vous.

Quoi voir en Irlande ?

Il y a le choix ! Fort heureusement, la folie touristique visant à exploiter chaque recoin de nature que l’on voit sévir dans certains pays, n’est pas encore arrivé jusqu’ici. Certes, certains lieux sont payants (par exemple, certains châteaux, Mizen head, le pont de corde de Carrick à Rede, Glendalough, ou encore les Falaises de Moher.) mais vous en trouverez de nombreux, très spectaculaire ou intéressants, qui seront totalement gratuits.
En Irlande, vous pourrez accéder
– aux parcs nationaux gratuitement,


(Burren National Park)

– ainsi qu’à de nombreux châteaux en ruine très bien conservés.

– Il y a de nombreuses cascades (Glencar, Fowley’s falls, Mahon Falls, Powerscourt Falls),

– Des routes avec des panoramas incroyables (La Connor Pass, le Ring of Kerry, les Monts du Wicklow, etc.),

– des petites criques de sable fin,

– des falaises époustouflantes (le Dun Britle, la Slieve League – 2e plus haute falaise d’Europe -, les falaises de Loop Head, le site de la Chaussée des Géants…)

– et des sites megalithiques avec des dolmens ou des cercles de pierre.

Vous pouvez regarder le blog (semaines 23 à 28) pour voir au jour le jour nos itinéraires et les photos, et sur cette page, vous trouverez tout ce que nous avons noté d’interessant ainsi qu’une carte Google de nos bivouacs.