L'important n'est pas la destination mais le voyage.
Reflexions & Philosophie

3 ans déjà – On va où maintenant ?

Le 1er septembre, cela a donc fait 3 ans que nous avons rendu la maison, rangé nos affaires et plié bagage pour découvrir l’Europe.
A l’été 2016, nous avons été jusqu’à Moscou et Saint Petersbourg à travers l’Allemagne, la Republique Tchèque, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, puis retour par l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique. A l’automne, nous avons passé 6 semaines en Angleterre et en Ecosse.

En 2017, nous avons commencé par un tour d’Espagne et du Portugal sur 3 mois, avant d’aller passer 6 mois en Scandinavie : Danemark, Suède, Finlande, Norvège.
En 2018, c’est un retour en Espagne pour l’hiver, puis direction l’Ecosse au printemps et l’Irlande pour l’été. A l’automne, nous partons dans les pays de l’est : Suisse, Allemagne, Autriche, Slovaquie, Pologne, Allemagne, République Tchèque, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Turquie, Grèce, Albanie, Montenegro, Bosnie, Croatie, Slovénie, Italie.

Au printemps 2019, à notre retour des Balkans, nous décidons d’aller nous poser sous le soleil de l’Andalousie, puis après un été passé à tenter de résoudre des problèmes mécaniques et vétérinaires, nous décidons de rester quelques mois dans l’ouest de la France, pour faire le point.

Pourquoi ?
Plusieurs état d’esprit s’entrechoquent aussi bien chez l’un que chez l’autre. La vie « nomade » n’est pas chose aisée, ce n’est pas carte postale idyllique et aventure au quotidien. Elle possède nombre de bon côtés, mais aussi nombres de problèmes et de frustrations.

– Nous avons notamment la sensation d’avoir « fait le tour » tout en ayant en même temps l’impression d’avoir manqué plein de chose, souvent par malchance à cause d’une météo apocalyptique (en Grèce et dans les Balkans par exemple, où nous avons essuyé tempêtes de neige, de grêle, orages violents qui roulaient parfois des nuits entières, la foudre sur le camping-car…, ou encore en Finlande, où nous avons essuyé des températures négatives et des tempêtes de neige jusque mi-juin, et au Portugal en 2018, où il a plu sans discontinué pendant plus de 3 semaines.). Néanmoins, si nous avons potentiellement envie de retourner dans certains pays, d’autres, eux, nous ont beaucoup fatigués psychologiquement : nous vivons par exemple très mal l’omniprésence des déchets dans l’est et le sud-est de l’Europe ; les animaux errants dans des états de maltraitance avancée en Roumanie ou en Bulgarie – et c’est sans parler des cadavres au bord des routes, images parfois difficiles pour moi – ou la présence de chien errants agressifs en Grèce et dans les Balkans.

– Et nous avons vécu de plein fouet la sensation de précarité du fait de LA panne du véhicule : nous n’avons jamais été épargnés : embrayage qui lâche intégralement en 200 km en Ecosse, pneus fracassés en Espagne sur un chemin caillouteux et supports moteurs qui lâchent, usure prématurée des freins en Suède, coupelles d’amortisseurs grippées en Finlande, récepteur d’embrayage qui saute et jante fendue en Norvège, de nouveau une jante fendue en Ecosse, des disques de frein de mauvaise qualité qui se sont fendus (découvert le lendemain du contrôle technique… ne faites pas confiance au contrôle technique !) et qui ont du etre changés en urgence ; et puis LA panne, boîte de vitesse hors service (plus de 4 ni de 1) une première fois en mars 2019 en Espagne, échangée dans un petit garage pour une boîte d’occasion, boîte qui re-cassera en juillet, toutes vitesses bloquées, d’un coup, en France cette fois. Entre-temps, j’aurais aussi fait un lancé de courroie accessoire sur une voie rapide en Espagne. La « nouvelle » boîte, reconditionnée à neuf cette fois, a été remontée, mais était défectueuse, et il a fallu re-démonter, faire échanger la boite, et la remonter. Nous avons eu de la chance, dans notre malheur, de tomber en panne à moins de 100 km de chez une amie : toute cette affaire a duré plus de 6 semaines. D’avoir pu trouver des solutions, financièrement, pour réparer. Mais sinon, où aurions-nous été ? Aurions-nous été à la rue, le temps que quelqu’un accepte de travailler proprement ?

– Au fil du temps, nous avons aussi souvent ressenti une impression d’inutilité, de futilité. La question, de plus en plus omniprésente, qui est « On va où ? » et surtout… « Pourquoi ? ». Nous arrivons à un moment, où nous ne souhaitons pas arrêter de voyager, mais où nous avons aussi envie de construire des choses, de voir quelque chose de tangible émerger de nos efforts.

– Et puis, la fatigue liée à l’étiquette « pompe à fric » ou « pollueur » ou encore « touriste à plumer » qui accompagne le voyage en camping-car, et l’apparition massive d’interdictions de plus en plus omniprésentes partout en Europe (sauf en Scandinavie… encore !) visant à vous obliger à aller dans les campings, souvent hors de prix, à être parqués comme des sardines dans une boîte sur une esplanade de béton, la vue sur la bedaine du voisin et le son de la télé des divers autres occupants dans les oreilles. Notre pire cauchemar… auquel nous sommes pour l’instant parvenus à échapper de manière générale. En dix ans, nous avons vu effectivement une littérale explosion du nombre de camping-cars, partout. Ce qui ne serait pas un problème… si certains ne pensaient pas pouvoir faire ce qu’ils veulent, tout le temps et partout. Une étiquette que nous n’avons pas vécu en Turquie ou en Russie par exemple, pays où le camping-car reste marginal. Curieusement, si on essaye de voyager avec un autre mode de déplacement, en moto par exemple, la même personne ne réagira plus du tout pareil. Assez incroyable… et fatiguant.

De toutes nos réflexions, sont sorties de nouvelles envies, de nouveaux projets.
Des envies de construire des choses, un futur ailleurs, autrement.
Des envies de voyager autrement, un projet abandonné qui renaît de ses cendres.

La suite, à venir en 2020 ! A suivre 😉

Article written by:

Full timer depuis le 1er septembre 2016. Aime voyager, se balader avec les chiens, les sports canins, le tricot et le crochet, cuisiner.