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LNDLS #38 : Alpes Autrichiennes & randonnée

Lundi matin, nous quittons donc notre petit parking des gorges de Kundl pour nous rendre au pied du Grossglockner, au fond de la vallée d’Enzingerboden. Cela nous évite tous les péages divers plus exorbitants les uns que les autres, et nous permet d’aller faire une paire de randonnées en montagne.


Après une quinzaine de kilomètres en serpentins, nous arrivons au fond de la vallée dans la station – 3 parkings, un privé, un interdit la nuit et un en version terrain vague qui lui ne comporte pas de panneau. Ca fera l’affaire, même si le bruit de la centrale électrique est un peu omniprésent, d’autant que nous profitons du WiFi de la station. La randonnée au Weisssee n’est possible que par la télécabine (24€/personne, 3€/chien…), celle qui monte au Grunsee semble faisable par la piste rouge mais cela semble très raide, du coup, Do décide de tenter la montée au Tauernmoosee, 580m de dénivelé positif. Il lui faudra 4h aller-retour car le terrain est glissant et la descente est éprouvante, mais il a repéré une jolie cascade, au delà du barrage.
Nous passerons une nuit calme malgré le ronronnement de la centrale, quelques goutte de pluie nous berceront.

Mardi matin, nous partons avec les chiens refaire la montée vers le Tauernmoosee, pour cette fois aller chercher la cascade, environ 2 km plus loin et 100m plus haut. En tout, la boucle fait 13 km pour 680m de dénivelé positif et il nous faudra 5h en tout.
La montée est magnifique, dans la forêt avec la vue de temps à autre sur la vallée, puis ensuite sur les montagnes. En haut, le lac s’offre scintillant au regard, avec son barrage d’1,1km. Après avoir permis aux chiens de se rafraîchir dans le lac, nous traversons le barrage, ferons ami-ami avec un troupeau de chevaux libres, avant d’atteindre la cascade, où nous déjeunerons. Nous avons là le choix de revenir sur nos pas pour bifurquer vers le Grunsee, mais nous ne savons pas si il sera possible de redescendre à la station sans prendre la télécabine, et nous ne voulons pas la prendre ; ou bien de boucler la boucle en redescendant par une route à circulation restreinte. Nous déciderons pour la route, pensant que ce sera moins éprouvant que des pierres, mais celle-ci est très pentue et absolument interminable. La route s’achève malgré tout sur un drôle de tunnel tout noir – heureusement que les téléphones ont des lampes-torches maintenant ! – et nous rejoignons la station.

 
La nuit sera de nouveau très calme, la pluie tombe une partie de la soirée.

Mercredi matin, nous hésitons sur l’itinéraire. En effet, prévoir un itinéraire et un point de chute en Autriche relève du cauchemar : le pays est ultra-touristique, il est très difficile de trouver des bivouacs, des activités et des routes gratuites. Il y a des péages pour tout et partout, et le montant monte de manière astronomique. le spot prévu nécessiterait un détour de … 250 km ! Du coup, au lieu d’aller vers le sud, nous décidons de monter vers le nord, retrouver nos amis Matt & Ann-So qui ont fait une courte incursion en Autriche depuis l’Italie avant de redescendre vers la Slovénie et la Croatie. Nous quittons la station pour découvrir que bien nous en prit de faire cette randonnée la veille – aujourd’hui, c’est les passagers de deux bus entiers qui s’entassent dans les mini-télécabines qui mènent à notre jolie cascade calme et sereine de la veille…. Pas sur que ce soit aussi calme aujourd’hui !
Comme il semble y avoir une jolie randonnée pas trop difficile vers l’endroit où Matt et Anne-so sont, nous nous rapprochons d’eux et arriverons sur un petit spot à coté de Gosau. Ce qui est amusant, c’est que sans le savoir ni nous être concertés, nous avons visé exactement le même ! Ils nous rejoindrons en fin d’après-midi après avoir fait la randonnée des 3 lacs, que nous prévoyons de faire le lendemain. L’endroit est très calme, il n’y a pas un bruit et un petit chemin mène vers un joli lac. Des gens du cru viendront chercher du bois, et nous gratifieront d’un grand sourire et de grands gestes amicaux, cela fait plaisir.

Et puis…. on nous a déjà reproché de ne pas être très positifs et de ne pas donner envie aux gens de voyager. Mais le fait est, que nous ne sommes pas affiliés aux offices de tourisme, nous n’avons rien à vendre, et nous ne sommes pas des touristes en vacances. Du coup, effectivement, nous décrivons les choses telles qu’elles nous sont présentées par les événements, et pas telles que certains les décrivent pour vous montrer à quel point leur vie est cent fois plus géniale et trépidante que la votre. Ce mode de vie « voyage » est une vie quotidienne, avec ses frustrations, ses problèmes, et ses ressentis négatifs. Ça n’est pas toujours rose, et il est bon de le savoir. Si pour avoir envie de voyager vous avez besoin de lire que tout est toujours fabuleux, génial et trépidant, alors vous risquez de vivre certaines déconvenues. Je préfère le dire tout de suite, parce que soyons honnête, à partir de là… ça se gâte.

Jeudi après une courte mais très calme nuit, et après souhaité bonne route à Matt et Ann-So, direction la randonnée des 3 lacs ! Malheureusement,  nous arrivons vers 10h30, beaucoup trop tard déjà : le site est littéralement pris d’assaut, envahis par des dizaines et des dizaines de personnes qui marchent à la queue-leu-leu vers la randonnée, les places de parkings sont inexistantes et les parkings vomissent des véhicules sur les bas-côtés. Et nous sommes jeudi matin ! Nous décidons du coup que ce n’est pas pour nous, et nous changeons de cap, direction Halstatt, histoire de voir si cela vaut le coup d’attendre le lendemain matin pour aller y faire des photos.
Une fois sur place, c’est en fait l’horreur absolue : quelques parkings, là aussi, vomissent des cohortes de véhicules sur la route, les parkings sont bardés de barrières et c’est à celui qui sera le plus cher. Toutes les routes sont barrées et maintenues sous bonne garde pour empêcher les gens de se chercher une place à l’écart, et sur un parking à la sortie du village, c’est pas moins de 15 bus qui ont déversé leurs passagers dans le village, lequel s’orne de magnifiques buvettes coca-cola et de magasins de souvenirs kitsch.  Sous le choc, nous nous éloignons le temps de trouver un parking pour déjeuner, que nous trouverons au bord du (fort joli au demeurant) lac.
Nous n’avons pas vraiment compris l’engouement pour ce village. C’est une énorme usine à touristes, qui n’a rien de vraiment remarquable, un village au bord d’un lac comme il y en a des dizaines en Autriche. Reine ou Å, en Norvège, sont par ailleurs beaucoup plus spectaculaires… Du point de vue sur l’église qui fait la célébrité des lieux, nous ne verrons rien car le village, sans payer le prix astronomique du parking, est inaccessible. Nous plaignons sincèrement les gens qui vivent ici de devoir subir le tourisme de masse qui sévit autour d’eux…
Nous tentons ensuite de rejoindre une petite randonnée au bord d’un lac, mais nous nous heurtons à un très explicite panneau interdisant caravanes et camping-car. Nous choisissons d’avancer un peu, le temps de changer nos plans, ceux-ci ayant été un peu chamboulés. Nous atterrirons par hasard sur un parking appartenant à une cascade, dont nous nous contenterons pour la nuit. Sur la route, nous avons pu voir rapidement une fort jolie petite église posée sur un rocher, mais nous ne l’avons vue qu’au dernier moment, du coup impossible de s’arrêter, d’autant que les bords de lacs sont privatisés partout et que les places sont donc très chères. A un meilleur moment avec une jolie lumière, cette vue sur l’église doit être magique.

En soirée une fois la majorité des gens partis, je descend à la cascade qui est en fait un déversoir. On va encore dire que je fais dans le négatif, mais ce site était sensé être le plus beau de la Haute Autriche, je m’attendais donc à quelque chose de spectaculaire, sauvage etc… Or… c’est bétonné. De partout. Avec des grillages d’1m60 de haut, des portails cadenassés, et une passerelle en bois à partir de laquelle tu vois le site d’en haut, et dommage, c’est aussi de là que tu vois le béton, la route, les lignes électriques et les ponts routiers. Grosse déception là encore. Ce qui est dommage, car si on fait abstraction du bétonnage, le site aurait de quoi éblouir : les eaux cristallines, bleues, vertes, qui cascadent dans un bassin qui parait peu profond, mais qui l’est quand même ; les rochers recouverts de mousse, l’atmosphère particulière des gorges et des canyons, qui donne aux lieux une aura particulière. Avec le cadrage de photo adéquat, on y croit !

Vendredi, nous repartons vers les gorges de Spitzenbach – nous avons traversé, pendant près de 30 kms, une magnifique gorge au fond de laquelle coulait une rivière à l’eau translucide, le paysage était vraiment splendide. Mais on ne sait toujours pas où sont exactement les gorges de Spitzenbach, puisque nous n’avons rien trouvé au point indiqué ! Peut-être était-ce cette magnifique route qui serpentait au sein du parc national de Kalkalpen ?

Et du parking annoncé, il n’y en a point ! Nous continuons donc, un peu dépités, vers la cascade de Wasserlochamm et ses gorges. J’avais cherché sur internet et trouvé un joli site qui montrait de belles images, plus un parking. Let’s go ! Une fois sur place… intense déception (et la frustration commence à poindre…) : le parking est en fait un machin en gravier collé à la route sur lequel le camping-car rentre à peine, il y a des bus de stationnés, un restaurant et un « hôtel », et cerise sur le gâteau : c’est payant ! Du tarif nous ne saurons rien, il n’est pas affiché, il faut demander.
Nous commençons à être sérieusement exaspéré par cette politique de racket qui sévit ici, d’autant que la pratique est sournoise : il est très compliqué de savoir ce qui est payant ou non, puisque les sites internet dédiés aux lieux n’en font jamais mention ! Vous arrivez donc sur place et vous vous cassez le nez. Bien sur, la majorité des gens, une fois sur place, paieront. Mais c’est contre notre philosophie, et de plus, vu les prix pratiqués, cela impliquerait de dépenser des sommes folles tous les jours. L’Autriche subit une véritable folie touristique et pratique une véritable discrimination par l’argent. Vous êtes ici pour payer ! Les paysages ont beau être sublime, ce que nous ressentons devant la beauté des lieux est gâché par la volonté manifeste de vous faire payer pour tout. Prévoir un itinéraire et des visites relève du tour de magie ! C’est dommage, c’est tellement joli…

Après avoir parcouru plus du double des km prévus, nous échoueront sur le parking de Leopoldsteiner See, en compagnie de plusieurs véhicules Tchèques et Hongrois. Le lac semble joli, nous verrons demain.

Samedi matin, il pleut, il fait gris et assez froid, le ciel est bas … la randonnée semble compromise. Je fais des recherches quand à la suite des événements. Première désillusion : la randonnée de montagne que nous visions ensuite oblige a stationner sur un parking… payant. 8€/jour. Rien que ça. Et interdit d’y passer la nuit. Nous renonçons, inutile de se payer 30 kms de route de route de montagne pour ne pas pouvoir stationner. Je cherche ensuite des infos sur une randonnée dans une gorge. Le joli site professionnel qui lui est dédié vante sa beauté etc… mais n’évoque à aucun moment le prix. A fouiller le net, nous finissons par le trouver, ainsi que des informations qui nous refroidissent très vite et à nouveau, nous renonçons. Je cherche un éventuel joli parking, mais tout ce que je trouve semble systématiquement être interdit, au profit d’aires camping-car situées dans des zones sans intérêt et coûtant l’équivalent d’un rein (par exemple, 9€/personne + 8€/camping-car) alors qu’il n’y a rien à faire et a peine des installations…. dont nous n’avons d’ailleurs que faire.
La météo ne s’améliorant pas, nous passerons le samedi sur place, le lieu semblant tolérer assez bien le bivouac – nous ne sommes pas seuls, il y a aussi des tentes et des voitures « aménagées ».

Dimanche, nous reprenons la route vers l’est, direction la Slovaquie. Nous trouverons un petit parking dans une zone qui ne nous plait que moyennement, mais il a le mérite d’être autorisé et gratuit, pour une nuit, cela fera très bien l’affaire. Dans la soirée, le vent se lève, et nous écoperons d’une véritable tempête.

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Full timer depuis le 1er septembre 2016. Aime voyager, se balader avec les chiens, les sports canins, le tricot et le crochet, cuisiner.